Un conflit foncier oppose depuis plusieurs années le promoteur privé Ndiogou Ly aux propriétaires terriens de quatre villages de la commune de Keur Moussa. Ces derniers dénoncent des irrégularités administratives et réclament la clarification du statut juridique des terres ainsi que l’arrêt des travaux en cours.
Les origines du conflit foncier à Keur Moussa
Le litige porte sur une superficie de 22,5 hectares située dans la commune de Keur Moussa, concernant quatre villages : Landou, Soune Sérère, Kessoukhatt et Touly. D’un côté, le promoteur privé Ndiogou Ly ; de l’autre, les propriétaires terriens de ces localités, regroupés au sein du Collectif de défense des intérêts de la commune de Keur Moussa.
Selon ce collectif, l’origine du différend remonte aux opérations de remembrement et de morcellement des terres villageoises menées entre 2007 et 2008.


Deux séries de délibérations qui s’opposent
Les droits des propriétaires terriens (2007-2008)
Les propriétaires terriens affirment détenir des documents de confirmation administrative délivrés en vertu de la délibération n° 09/CR/KM du 15 décembre 2007, approuvée le 20 janvier 2008.
Les délibérations contestées (2013)
En 2013, de nouvelles délibérations favorables au promoteur Ndiogou Ly ont été adoptées, portant sur des superficies de 7 hectares, 20 hectares et 22,5 hectares.
Le représentant des propriétaires, Aliou Diouf, soutient que ces délibérations n’ont pas été soumises au conseil municipal conformément aux procédures en vigueur, remettant en cause leur légalité et toute la chaîne d’approbation.
Le permis de construire de 2019 au cœur des tensions
Autre point de friction majeur : le permis de construire n° 003673 du 22 février 2019, qui couvre les 22,5 hectares et prévoit 481 parcelles.
Le collectif conteste les conditions d’obtention de ce permis, affirmant qu’il porte sur des terres déjà couvertes par des documents administratifs appartenant aux populations autochtones. Il précise également qu’une réunion de la commission de distribution, tenue le 2 mai 2019, a attribué des parcelles au promoteur alors que les terres n’étaient pas encore effectivement bornées.
Les propriétaires terriens affirment n’avoir jamais vendu ni cédé volontairement leurs champs à Ndiogou Ly.
Du contentieux administratif aux affrontements sur le terrain
Le conflit a dépassé le cadre administratif. Le collectif dénonce la destruction de bornes, clôtures et murets par les engins de chantier, et indique avoir fait constater les faits par huissier le 1er août 2025.
Après l’opposition des habitants, le promoteur aurait saisi le procureur de la République. Plusieurs propriétaires terriens et responsables du collectif ont été convoqués à la brigade de gendarmerie de Mbour.
Le collectif évoque par ailleurs les opérations d’expropriation liées au projet d’autoroute à péage et au projet KMS3. Selon lui, les propriétaires terriens ont été recensés et indemnisés par l’État, tandis que Ndiogou Ly n’a pas été reconnu comme propriétaire dans le cadre de ces opérations.
Ce que réclame le collectif des propriétaires terriens
- La clarification complète du statut juridique des 22,5 hectares
- L’arrêt immédiat de tous les nouveaux travaux sur le site
- La vérification de l’ensemble des procédures administratives ayant conduit à la délivrance du permis de construire et à l’attribution des 481 parcelles
Le collectif appelle les autorités compétentes à faire toute la lumière sur ce dossier et à protéger les droits de toutes les parties jusqu’à la décision finale.
Repères du dossier
| Élément | Détail |
|---|---|
| Superficie en litige | 22,5 hectares |
| Villages concernés | Landou, Soune Sérère, Kessoukhatt, Touly |
| Promoteur | Ndiogou Ly |
| Base juridique des propriétaires | Délibération n° 09/CR/KM du 15/12/2007, approuvée le 20/01/2008 |
| Délibérations contestées | Plusieurs délibérations de 2013 (7 ha, 20 ha, 22,5 ha) |
| Permis de construire | N° 003673 du 22/02/2019 — 481 parcelles |
| Constat d’huissier | 1er août 2025 |
| Sources | Seneweb, Enqueteplus, Dakaractu, PressAfrik |
Ce qu’il faut retenir
- Un litige foncier de 22,5 hectares oppose le promoteur Ndiogou Ly à des propriétaires terriens de Keur Moussa.
- Quatre villages sont concernés : Landou, Soune Sérère, Kessoukhatt et Touly.
- Les propriétaires contestent les délibérations de 2013 et le permis de construire de 2019.
- Le collectif réclame la clarification du statut des terres et l’arrêt des travaux.
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